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 Numéro 91 : Hiver 2019-2020 

sui generis

Nous sommes issus de nous-mêmes. C'est une sorte de tautologie. Elle est peut-être à la base de l'Art. Au sommet de N91notre inconscient qui se trouve caché quelque part dans une obscure partie de notre cerveau.

Nous faisons un perpétuel retour sur nous-mêmes pour créer de l'Histoire et ensuite l'analyser. On plaque des théories comme des marbres sur une façade en béton, on crée une cohésion pour y vivre et apaiser les questions de philosophie et de théologie qui nous hantent.

Le sentiment artistique nous propose un dilemme : Sommes-nous nous-mêmes, ou bien sommes-nous d'autres figures dans un monde épars qui ressemble à celui décrit par Shakespeare, un univers de bruit et de fureur raconté par un idiot ivre au sortir d'une taverne de Londres.

Personne ne le sait. On peut lire la recherche du temps perdu, mais on ne peut pas trouver la recherche de la vérité. Le chat de Schrödinger a été un des principes explicatifs de la physique quantique. On sait et l'on ne sait pas en même temps, on vit et on ne vit pas dans le même espace. C'est à la fois de la science et de la métaphysique de comptoir, mais en disant cela on oublie que l'Histoire se fait aussi dans les tavernes, les bistrots et les salles de réunion au fond des bistrots.

 

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La Revue de l'Histoire n°91 - Trimestriel - 2019 - 2020


Numéro 90 : Automne 2019
   
nuit polluée 
on peut croire ou non à la destinée humaine, à la volonté des hommes ou au hasard maître du jeu à moins que ce ne soit une volonté divine.
Même si l'on refuse l'image d'un Dieu de l'Apocalypse, il reste celles de nos océans dévastés, de nos villes en surchauffe.

Nos systèmes économiques peuvent se modifier. ParceOn peut croire ou non à la destinée humaine, à la volonté des hommes ou au hasard maître du jeu à moins que ce ne soit une volonté divine. Même si l'on refuse l'image d'un
N90 Dieu de l'Apocalypse, il reste celles de nos océans dévastés, de nos villes en surchauffe. Nos systèmes économiques peuvent se modifier. Parce qu'ils sont relativement mobiles. Mais nos habitudes individuelles, appuyées sur nos lois et nos morales, pouvons-nous les changer ?
 
L'analyse historique peut-elle aider à trouver des solutions ? Jusqu'à présent, elle n'avait pas connu de paramètres dictés par l'écologie. Il y a bien eu des guerres, des épidémies de peste ou de choléra. Mais on savait qu'il y aurait un retour à une situation plus calme. Le droit et la morale en ces périodes de crises graves servaient uniquement à prendre des mesures de précaution relativement passives.
 
Avec la grande pollution et le réchauffement climatique,pour la première fois, c'est notre planète entière qui est visée, c'est-à-dire nous mêmes dans notre espèce humaine. On la proclamait pourtant en marche vers le progrès.
 
Que va-t-il rester de nos principes de droit positif face àl'adversaire qui est en nous et dicte nos comportements de prédateurs de la nature ? Va-t-il falloir changer la nature du droit ? Pourra-t-on aménager un nouveau système économique sans modifier nos lois fondamentales ? Sommes-nous en train de revenir à un droit naturel qui ne dit pas encore son nom ?
 
Est-ce un hasard si c'est une enfant qui est promue annonciatrice de temps nouveaux et non pas une juriste chevronnée, doublée d'une gestionnaire avisée, triplée d'une scientifique éclairée?
 
Une société n'a jamais survécu dans l'histoire passée si elle n'a pas confiance en ses valeurs et son sens de la vision. C'est peut-être là le but suprême de l'art : nous avertir, nous donner une prémonition, pour renforcer nos énergies matérielles ou spirituelles.
 
Des femmes normandes aux collectionneurs, des reines aux fées, des artistes aux guerriers, des indépendantistes corses aux explorateurs de la science, des amoureux du Patrimoine aux marins du Port de Marseille, c'est une alchimie qui forge ainsi l'histoire et la civilisation, avec force et vigueur. L'espérance face à une crise est bien là : dans la volonté humaine, qui transforme les enjeux individuels en collectifs, et qui donne un sens au collectif, comme une alchimie de la sagesse.
 
  Matthieu Delaygue

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La Revue de l'Histoire n°90 - Trimestriel - 2019
 

Numéro 89 : Été 2019

DU PARTICULIER

AU GÉNÉRAL

Nous voN89us invitons au voyage. Mais un voyage un petit peu particulier. Celui de l'Histoire, bien sûr. Mais celui aussi de son souffle secret, qui habite les pierres et les forêts, les abbayes et les châteaux.

Les paysages sacrés de La Chaise-Dieu, le chant des violons et de la terre, lorsque le soir se couche, et que l'on allait écouter les Cziffra interpréter Liszt et Chopin... Toute une culture du monde est là. Dans ces vieilles abbayes construites par des hommes illuminés de leur idée de Dieu vivant et les appelant. Ils n'hésitaient pas. Ils partaient très loin dans leurs raisonnements ou ailleurs, en de lointaines croisades comme les Templiers.

Rien n'était facile. Les temps de grande misère succédaient aux temps des maladies, les guerres venaient s'intercaler dans le décor, les passions et les haines se succédaient, on connaissait déjà les crises économiques et internationales. L'histoire du Périgord est un bel exemple de cet univers mouvementé.

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La Revue de l'Histoire n°89 - Trimestriel - 2019

 
Numéro 88 : Printemps 2019
 
renaitre
deloin
 
 
Renaître comme une salamandre, indestructible même par le feu. Était-ce la Renaissance d'un peuple, ou d'une civilisation ? Cela pourrait dire : retourner aux sources de la vie et de la connaissance prônée par les Anciens,Périclès, Socrate, Platon, Virgile... Redécouvrir la force du Parthénon et desécoles d'Athènes, parce que Rome n'avait finalement fait que copier les Grecs. N88

Inventer les notions de Moyen-âge et de Renaissance, avec celle-ci remplaçant celui-là, est loin d'être une erreur d'analyse du 19e siècle, même si le changement ne se fit pas brutalement. Il y eut bel et bien un rejet par les élites du 16e siècle de tout un corpus de doctrines qui avaient été avalisées par le monde féodal. Ce dernier était venu du Nord et de l'Est de l'Europe, avec une aristocratie franque, goth ou viking. Celle-ci avait façonné la chevalerie européenne. Elle avait combattu pour une doctrine religieuse messianique et autoritaire. Mais à la fin de la Guerre de Cent ans, la plupart de ses familles avait disparu ou perdu leur identité originelle dans les différentes guerres d'Europe et d'Orient. Le code de chevalerie n'est déjà plus appliqué par Jeanne d'Arc lorsqu'elle laisse son prisonnier bourguignon le noble Franquet d'Arras se faire pendre par un jugement de bourgeois à Provins*. La doctrine sociale et politique de l'Église ne se remettra jamais de ses erreurs scientifiques lui faisant condamner successivement Copernic et Galilée. L'artillerie française et royale annonce le début des États-nations, financés par des banques et dirigés non par la noblesse 'épée, mais par une bourgeoisie lettrée transformée en noblesse de robe plus authentiquement gauloise. La classe dirigeante et intellectuelle devenait une société de gai savoir, de perspective par la peinture et de relativité par la philosophie. On retrouvait les vieux principes du paganisme gallo-romain, on renaissait à partir des écrits et des raisonnements ayant fécondé la civilisation antique. 

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La Revue de l'Histoire n°88 - Trimestriel - 2019

 
Numéro 87 : Hiver 2018-2019
 
tristes épilogues
 
SUR UNE GUERRE REGRETTABLE 
 
Lorsque c’était l’heure de l’assaut, tout était possible : le courage de certains, les crisN87es de nerfs d’autres qui craquaient. Tout se passait en quelques secondes. Les gradés ne perdaient pas de temps en discussion philosophique. Ils cognaient. Très fort, car le terrorisé était engoncé dans son uniforme. On ne pouvait le frapper que sur le visage, et il ne s’agissait pas d’une tape amicale.
Dans l’attaque, il fallait veiller à ce qu’il n’y en ait pas qui s’arrêtent, jouant les blessés, ou les bons camarades secourant un vrai blessé. Il y avait une règle. Laisser tomber le type qui hurlait. Et courir toujours en avant. Si l’on arrivait dans la tranchée allemande, on ne faisait pas de cadeau, non plus. On tuait tout de suite. À coups de pelle, en balançant des grenades, au couteau... Le soldat ennemi qui levait les bras en l’air en criant Kamerad, on le zabralisait aussi. Et si par hasard, on l’épargnait, on lui faisait la tête au carré.
Ensuite, des sergents repartaient en arrière. Ils allaient chercher ceux qui s’étaient arrêtés en cours de route, et qui se terraient dans les trous d’obus ou les broussailles... On ne leur tenait pas un discours de compassion. Si l’on se réfère à des souvenirs écrits par des officiers, on pouvait compter un soldat sur trois qui s’était planqué d’une façon ou d’une autre.*  
* Ce n’était pas le cas dans les régiments d’engagés ou de volontaires.

 
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La Revue de l'Histoire n°87 - Trimestriel - 2018 - 2019 


Numéro 86 : Automne 2018
 

I D E N T I TÀ

N ous vous emportons dans ce numéro sur les rivages de l'indicible : Le sentiment historique. Celui d'appartenir à un groupe qN86ui a construit un pays, une nation, un peuple, une suite d'épopées, de drames et de bonheurs de bien vivre. Tolstoï dans Guerre et Paix explique cette volonté de bien faire, fondée sur l'équilibre des choses et le désir de paix.

Mais la guerre revient toujours, elle est le lot de l'humanité. Elle a toujours lieu quelque part. Elle vient d'une suite d'erreurs, d'ambitions qui ne peuvent se réaliser autrement.

Et toujours, les femmes et les hommes reconstruisent sur les décombres cette identité que les Corses appellent identità. Elle dépasse même la notion d'identité, elle regroupe à la fois l'esprit d'ouverture et celui de fermeture, elle parcourt les océans, elle repart plus loin, elle se recrée, jamais morte.

La France fête cette année le Centenaire de la fin de la Grande Guerre. Deux identités s'affrontaient. Avec des moyens inouïs. Sans grande considération pour le gigantesque sacrifice humain que cela impliquait. De nos jours, on commence à parler de guerre civile entre nos voisins les Allemands et nous les Français. 

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  La Revue de l'Histoire n°86 - Trimestriel - 2018

 

Numéro 85 : Eté 2018
 
  pailleET LE grain
V E R S I O N 2 0 1 8 *

Notre civilisation moderne avance très vite et tâtonne sur les sentiers de l’Apocalypse, du troisième âge et du troisième homme. Notre culture suN85it le même chemin. Elle va de toutes parts. Elle sait qu’elle se modifie. Le transhumanisme est conjoint à la mondialisation des esprits, tandis que le monde intellectuel cherche toujours à comprendre où seront les grands équilibres du futur.

Les grandes théories du droit normatif et du droit naturel se trouvent en principe toujours opposées, mais le contexte a tellementchangé depuis le siècle dernier qu’un éventuel débat de fond entre ces deux pôles de la pensée politique serait aussi vide de sens que pourrait l’être de répondre à l’Islamisme par la lecture obligatoire de Kant dans les maternelles.

Il en est de même pour les théories militaires avec leurs grandes analyses stratégiques à la mode. En moins de 20 ans, on est passé de la théorie de zero dead, autrement dit zéro mort sur le champ de bataille du côté occidental, à la théorie de la guerre dissymétrique, elle-même mise à mal par la réalité des faits sur le terrain. Et que dire de l’échec des théories économiques, et d’un éventuel débat entre marxistes, keynésiens et convertis à la pensée libérale ? Aucune donnée du XXe siècle ne peut être réellement prise en compte pour bâtir un débat sur l’économie de demain. On n’a même pas été capable de prévoir la grande crise boursière de l’année 2008.

* En référence à l’ouvrage de François Mitterrand publié entre 1971 et 1974.  

 
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La Revue de l'Histoire n°85 - Trimestriel - 2018 


    Numéro 84 : Printemps 2018

esprit  DE grotte 

    La CatalognN 84e est-elle une nation, un peuple ou une région ? L’Europe est-elle une addition de patries constitutionnelles ou bien un souffle spirituel venu de la nuit des temps après la résolution de la question néandertalienne par nos ancêtres Cro-Magnon ? 

Il y eut un signe avant-coureur de la Seconde Guerre Mondiale. En septembre 1919. Lors de l’expédition d’Annunzio afin de rendre la ville de Fiume indépendante. À l’encontre du traité de paix qui favorisait l’implantation anglaise dans le petit territoire, en sous-main de son annexion par le nouveau royaume de Yougoslavie. L’échec d’Annunzio préfigurait l’alliance de Mussolini avec Hitler, l’annexion des Sudètes, de l’Autriche, et la guerre en Pologne pour le territoire de Dantzig.

Que reste-t-il de nos jours des États-Nations européens à l’heure d’internet et de la mondialisation ? Et de nos identités nationales face à la tentation mondialiste ? Alors que nos grandes entreprises stratégiques établissent des prises de partici­pations croisées avec d’autres entreprises européennes de même niveau...

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  La Revue de l'Histoire n°84 - Trimestriel - 2017 - 2018 

Numéro 83 : Hiver 2017-2018 
  evolutions
RÉVOLUTIONS

Lors d’eN 83xpériences scientifiques permises par sa capacité à se reproduire rapidement, il semblerait que la mouche n’évolue pas. C’est très embêtant. Parce qu’elle contredit Darwin et Teilhard de Chardin. Il n’y aurait pas d’alpha ni d’oméga. Pas de monde meilleur. D’un autre côté, la question du chaînon manquant serait résolue : il n’y aurait pas de chaînon. Il est donc normal qu’on ne le trouve pas.

Cette information fait partie d’un vieux système de pensée. L’essentiel de notre bonheur dépendrait de chacun, à son niveau, parce que l’on n’est pas assuré d’une évolution collective sur le long terme. C’est le fondement même de la pensée libérale en économie, telle que l’École anglaise l’a développée tout au long de la Révolution industrielle : Les pauvres sont pauvres parce qu’ils sont pauvres de naissance et non méritants. Le vagabond n’a qu’à travailler. Si la mouche protozoaire n’évolue pas, c’est parce que ce n’est pas son destin. C’est la revanche d’Oncle Picsou contre la petite marchande d’allumettes, c’est l’American of life qui ne veut plus de l’Obamacare

 

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La Revue de l'Histoire n°83 - 2017  

La Revue de L'HISTOIRE   BP 30062 - 33008 Bordeaux Cedex
Edité par : J.C.L. Communication - 06 03 88 19 92
Mail : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Site internet:  http://www.larevuedelhistoire.com

Abonnement : Sophie

Directrice de la Publication : Clotilde Petit / 06 03 88 19 92

Rédacteur en chef : Matthieu Delaygue.

Maquettiste : Pierre - Michel Viart.

Webmaster : Mariette Duprat.

Mise à jour du site : Joëlle Le Droumaguet.

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